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Les abeilles, un bon indicateur de pollution de l’air

Les abeilles, un bon indicateur de pollution de l’air

Depuis quelques années, les abeilles sont officiellement et scientifiquement reconnues comme des bioindicateurs, témoins de la qualité de l’air ambiant. Alors que jusque-là, seuls les jardiniers ou les agriculteurs s’en servaient pour avoir une idée du taux de substances polluantes dans l’air, ou de la pollinisation voisine, les abeilles attirent désormais les chercheurs. Comment s’y prend-on pour « faire parler » les abeilles et en savoir plus sur la qualité de notre air ?

Les abeilles, ces bioindicateurs de grande qualité ?

Puisqu’elles butinent à longueur de temps, les abeilles se trouvent quotidiennement au contact de l’eau, de l’air et des végétaux. Mais au cours de leurs récoltes, les abeilles sont aussi au contact de tous les polluants de l’air, même ceux que nous mesurons, nous humains, en infimes quantités. Alors que de nombreux polluants leur sont fatals, les associations de préservation de l’environnement se battent déjà pour faire interdire les pesticides. Mais d’autres polluants peuvent leur nuire, et ce sont ces mêmes matières non naturelles que l’on sait désormais mesurer grâce aux abeilles.

Abeille qui butineLes abeilles pour connaître le nombre de polluants de l’airOn peut par exemple se servir des abeilles pour connaître les taux de polluants chimiques, radioactifs et phytosanitaires contenus dans notre air et notre environnement. Lorsqu’elles se trouvent dans une atmosphère trop polluée, les abeilles retournent instinctivement vers leur ruche. Cette auto-défense leur est souvent fatale puisque les gardiennes de la ruche les repoussent ou les exterminent. Il ne faudrait pas qu’elles puissent contaminer la ruche, et surtout pas la reine.

Il n’est donc pas rare que les abeilles soient confrontées à des polluants atmosphériques durant leurs vols de butinage. Parmi ceux-ci, on note des métaux lourds, de nombreux hydrocarbures, des dioxines et de très nombreuses particules fines. En volant, le corps des abeilles qui est recouvert en grande partie de poils capture ces matières et ces substances, puis les ramène dans leur ruche. Ces polluants se retrouvent en premier lieu dans les pollens rapportés, mais aussi directement sur le corps des abeilles, et donc in fine sur le miel produit dans la ruche.

Rayon de ruche

C’est l’utilisation massive de pesticides entre 1994 et 2004, qui a fait brutalement chuter le nombre de colonies d’abeilles en France. Entre asphyxie et autodestruction, les abeilles ne parvenaient plus à protéger leur reine, et mourraient les uns après les autres. Des campagnes de sensibilisation à l’échelle nationale, puis internationale ont été menées depuis pour tenter de les réintroduire et de les sauvegarder. Quand on sait combien les abeilles participent grandement à la biodiversité végétale via la pollinisation, on comprend qu’il est primordial de les protéger.

Des abeilles pour évaluer la qualité de l’air dans un aéroport

Dans le courant des années 2000, l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry a choisi d’installer dix ruches, dans la zone herbeuse située en bout de ses pistes de décollage et d’atterrissage. Ces ruches qui contiennent chacun entre 40 000 et 50 000 abeilles sont quotidiennement utilisées par la direction de l’aéroport pour contrôler de la qualité de l’air.

Collecte du miel

Grâce à des sortes de « pièges à pollen », sortes de paillassons sur lesquels les abeilles se frottent les pattes avant de pénétrer dans leur ruche, les équipes parviennent à prélever du pollen régulièrement, et à analyser leur contenu. Cela a aussi permis à l’aéroport d’étudier plus profondément leur comportement une fois qu’elles ont été contaminées.

L’aéroport de Lyon-Bron a mis 10 ans pour se lancer lui aussi dans ce procédé d’analyse des polluants atmosphériques, avec trois ruches à quelques mètres seulement de son tarmac.

Des abeilles dans nos villes, témoins d’un air pur ?

L’opération pourtant très positive a mis du temps à séduire d’autres acteurs ou entreprises… En 2015, des ruches ont ainsi été installées sur un site industriel qui œuvre pour la Prévention et la Valorisation des déchets (Préval) situé à Pontarlier. Le but était de connaître la qualité de l’air sur site, afin de prendre des mesures nécessaires si/quand celui-ci était/serait trop pollué. Jusqu’alors, les abeilles y vivent harmonieusement, dans une qualité de l’air acceptable et très surveillée.

Ruches

Enfin, en juin 2016, la ville de Pontarlier a installé d’autres ruches dans ses zones industrielles qu’elle jugeait « soumises à divers facteurs de pollution » : routes, usines de production, infrastructures… En dépit du taux de mortalité des abeilles, qui a été jugé comme normal, les pollens et les miels produits ont été aussi considérés comme de bonne qualité. Diverses particules fines nocives y ont été pourtant été détectées, en provenance directe des activités voisines d’incinération de déchets ou du trafic routier. Du plomb, du mercure, du nickel, du cadmium et d’autres métaux lourds provenant des activités industrielles des alentours ont aussi été retrouvés en quantités non nocives pour l’homme, mais tout de même présentes.

Abeille qui butine

Aujourd’hui, de nombreuses villes réintroduisent des ruches dans leurs jardins, leurs parcs ou leurs forêts, mais le font pour sauvegarder notre biodiversité fragile, et non pour utiliser les abeilles comme des indicateurs de qualité de l’air. « Plutôt que de succomber à l’effet de mode des ruches urbaines et pour faire un vrai geste en faveur des abeilles, plantons plutôt des arbustes et des fleurs sauvages dans nos parcs et jardins » annonçait Vincent Dietemann, professeur du Département d’écologie et d’évolution à la faculté des sciences de Lausanne.

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