Purificateurdair.com

Test d’un purificateur d'air géant en Chine, entre innovation et révolution

Purificateur d'air géant en Chine

Alors que la ville de Bangkok a fermé fin janvier dernier ses 437 écoles et près de 600 entreprises pour cause de pollution et qu’elle a interdit la circulation de tous les véhicules diesel sous peine d’amende, d’autres pays d’Asie s’engagent et tentent d’agir.

La Chine, qui tente de réduire les effets de la pollution de l’air dans ses grandes villes depuis 2013, a choisi de faire confiance à l’innovation. C’est dans ce sillage que la ville de Xi’an, dans la province de Shaanxi, a choisi de bâtir une tour purificatrice d’air de plusieurs dizaines de mètres de haut.

La pollution de l’air en Chine, un fléau dévastateur

La Chine est connue pour être l’un des pays les plus pollué au monde. Chaque jour, les habitants des grandes villes s’équipent de masques pour tenter d’évoluer malgré le smog qui assombrit leur quotidien. Greenpeace annonçait l’année dernière qu’en Chine, toutes provinces confondues, la concentration de particules PM 2,5 n’avait baissé que de 4,5 % en moyenne depuis 2013. Un objectif bien loin des 15% attendus.

Pourtant les initiatives existent, et de nombreuses municipalités tentent de mêler dépollution de l’air et réduction des émissions de polluants. La ville de Xi’an a ainsi construit en 2015 un purificateur d’air géant pour lutter activement contre la pollution.

Femme chinoise avec un masque anti-pollution

C’est le chercheur Junji Cao, membre de l’Institut Chinois de l’Environnement de la Terre, une unité de l’Académie des Sciences qui a été à l’initiative du projet. Le chercheur et son équipe sont partis du principe que, les purificateurs d’air faisant leur preuve dans nos modestes intérieurs, il leur suffisait de suivre les mêmes principes de construction à plus grande échelle pour une action de plus grande envergure.

Une tour dépolluante en plein cœur de la ville

La tour dépolluante mesure exactement 100 mètres de haut. Elle a été construite dans la banlieue de la ville de Xi’an, plus petite et bien plus étroite que toutes les barres d’immeubles qui l’entourent.

La tour, alimentée uniquement par de l’énergie solaire, a été construite sur un socle semblable à une serre. Cette serre qui mesure environ 4000m2 chauffe l’air qui est ensuite aspiré par convection naturelle dans la tour. L’air chaud monte dans la tour et passe par différents filtres superposés les uns aux autres, avant de ressortir vers l’extérieur.

Purificateur d'air géant illuminé dans la nuit

Les résultats de cette installation, 4 ans après sa mise en fonctionnement sont sans appel : la tour purifie une moyenne de 10 millions de mètres cube d’air chaque jour, en fonction du débit de son entrée d’air. L’intégralité des particules fines en suspension notées PM 2.5, dont le diamètre est donc inférieur à 2,5 micromètres, est retenue par ce filtre géant. Les répercussions de cette installation sont constatées sur une surface de 10km2 autour de cette tour.

Un test qui redonne de l’espoir aux municipalités et aux Chinois

Cette première tour de purification géante ayant fait ses preuves, l’académie des sciences devrait lancer en 2019 la construction d’un second modèle, plus haut et donc plus puissant. Les plans de la structure annoncent un édifice haut de 500 mètres, capable d’assainir l’air d’une zone concentrique de 30km2.

Pollution dans une ville chinoise

La Chine n’en a pas fini avec les essais dépolluants et les campagnes de grande envergure. Li Ganjie, le Ministre chinois de l'Ecologie et de l'Environnement, déclarait en janvier dernier que la Chine allait « réduire davantage l'importation de déchets solides, perfectionner la coordination régionale pour une meilleure qualité de l'air ». Le gouvernement a également annoncé un coup de pouce financier pour moderniser les industries anciennes, celles qui sont sans aucun doute les plus fortement polluantes.

L’empire du milieu se donne jusqu'en 2035 pour faire baisser son taux de particules fines et le réduire à 35 microgrammes par mètre cube, ce qui reste encore supérieur aux recommandations de l'OMS (fixées à 10 microgrammes par mètre cube).

(Source images : GTN et PixaBaY )